L’archivage des données audio

La gestion d’un grand nombre de projets audio et/ou vidéo suppose que l’on réfléchisse sérieusement aux supports de stockage des informations que l’on souhaite conserver.

1 – De la bande magnétique au DVD

Pendant des années il a fallu composer avec les bandes magnétiques et un peu plus tard avec les cassettes audio. On connaît aujourd’hui les limites de ces supports qui ont pourtant bien vécu au cours de l’ère analogique. Puis, les petites cassettes DAT sont arrivées à la grande joie des professionnels du son qui ont promené leurs enregistreurs au quatre coins du monde. Devenue très rapidement le support de travail dans de très nombreux studios d’enregistrement, à la radio ou à la télévision, la cassette DAT a même servi à l’archivage de données audio. Mais voilà les constructeurs de magnétophone DAT ont vite abandonné ce format en raison de la concurrence montante des systèmes d’enregistrement sur disques durs. L’intérêt s’est porté sur les CD et DVD dont les capacités respectives de 650 Mo et 4,7 Go nous réjouissaient voici quelques années. Les temps changent …

L’archivage et la gestion de documents sonores ne se pose pas dans les mêmes termes pour le professionnel et le particulier et pourtant, il faudra que chacun réfléchisse à une solution pour préserver ses enregistrements. Musiciens, designers de sons, audionaturalistes, monteurs, amateurs avertis ou professionnels, tous seront tôt ou tard confrontés à des problèmes de fiabilité des supports ou de rapidité d’accès au fichier recherché.

Minicassettes et bandes magnétiques
On trouve encore d’anciennes archives sonores sur bandes magnétiques ou cassettes audio, et ces supports ont été, pendant bien des années, le moyen de conserver des enregistrements personnels ou familiaux. La conservation de ce patrimoine est directement liée à l’état du support. La bande magnétique se dégrade au fil du temps pour devenir parfois illisible. L’existence d’un enregistrement unique représente aussi un risque considérable. On découvre également que les prises de son ont été réalisées avec du matériel peu performant et dans de mauvaises conditions acoustiques, alors que dire de la dégradation des copies de copies.

Le CDR
Le CDR est un support d’archivage bon marché mais instable au fil des ans. Si le taux d’erreur numérique est très acceptable lors de la gravure du disque, celui-ci peut augmenter considérablement au bout de 4/5 ans. L’archivage sur CD nécessite un contrôle régulier de l’état du support.

Le DVD-R/W
Le DVD est une solution qui est loin de faire l’unanimité chez les professionnels. On trouve pourtant des produits de marque qui restent plutôt stables dans le temps et qui ne posent pas de problème de lecture. Question de chance ?

Les disques durs
Les prix de vente des disques durs ont beaucoup chuté ces dernières années. Cette solution ne doit donc pas être écartée pour le stockage des fichiers numérisés, même si ces matériels, comme tous les équipements électronique, ne sont pas à l’abri de pannes. Les disques à lecture optique peuvent répondre à des situations simples, lorsqu’on ne gère qu’un petit volume d’archives. Pour ma part, je trouve plus pratique de gérer des archives sur disque dur plutôt que devoir manipuler une collection de CD/DVD.

2 – La gestion des données

La fiabilité n’est d’ailleurs pas l’unique problème. Dans une collection comportant des dizaines de milliers de sons, il faut pouvoir retrouver rapidement un fichier précis. La numérisation est le meilleur moment pour collecter un certain nombre d’informations concernant le document sonore traité. Les données attachées aux fichiers, métadonnées ou encore metadata, doivent pouvoir être collectées dans une base de données qui permettra l’exportation vers des fichiers de gestion. La rapidité d’accès à l’information devient essentielle dès qu’il s’agit de localiser rapidement un son dans une collection !

3 – Les solutions pour le particulier

Les précautions d’usage impliquent que l’on fasse une sauvegarde des données sur DVD en format non compressé, qualité CD minimum, doublée d’une copie de sécurité sur CD audio. La folie (toute relative) pousserait à conserver une image sur deux disques durs, un interne et l’autre externe par exemple.

Il y a naturellement des solutions pratiques comme la technologie RAID 1. Le niveau 1 permet de dupliquer l’information sur plusieurs disques durs (2 disques au minimum). On emploie également les termes mirroring ou shadowing pour désigner ce procédé. La sécurité des données est augmentée, car si l’un des disques tombe en panne, les données sont sauvegardées sur l’autre. D’autre part, la lecture peut être beaucoup plus rapide lorsque les deux disques sont en fonctionnement.

Enfin, étant donné que chaque disque possède son propre contrôleur, le système reste fonctionnel même lorsque l’un des disques tombe en panne. Cette solution est onéreuse car seule la moitié de la capacité de stockage est réellement utilisée.

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