Le silence est d’or !

Habiter dans une zone fortement urbanisée peut constituer un avantage pour celui ou celle qui souhaite enregistrer des ambiances sonores. Il y a tellement de sons produits au quotidien, la foule, les transports, les travaux ou  les sons provenant des éléments naturels.

L’exercice se complique pour l’audionaturaliste dont la tâche consiste à isoler les sons produits par la Nature tout en évitant la pollution sonore. L’enregistrement de sons faibles émis par des insectes ne supportera pas le passage d’un avion ou le bruit de fond puissant qui monte de la ville.

Pour parvenir à isoler un oiseau ou un insecte, il faut remplir au moins deux conditions :

1/ Disposer d’un matériel de haute qualité. La chaine enregistreur-microphones-préamplis micros-convertisseurs AD ne doit pas présenter de défaut et ne doit générer qu’un faible bruit.

2/ Etre là au bon moment ce qui suppose avoir un peu de chance pour bénéficier d’un environnement suffisamment calme lorsque vous déclenchez l’enregistreur.

Les sons liés aux activités économiques, techniques, ou sociales sont nécessairement vus comme des pollutions sonores par l’audionaturaliste qui recherche toujours la pureté de ses sons. En France, il ne doit y avoir que quelques lieux perdus dans les Alpes, les Pyrénées ou les Vosges où il est possible de réaliser des prises de son dans un silence relatif.

Chambre anéchoïque – Laboratoire national de métrologie et d’essais

Sur Terre, le silence absolu existe, mais on ne le trouve pas dans la Nature. Il faut plutôt se tourner vers les laboratoires qui disposent d’un lieu anéchoïque plus communément appelé chambre sourde. Cette pièce peut absorber 99.9% du son afin de pouvoir réaliser des tests ou des expériences à très faible niveau de bruit.

Un homme placé dans cette chambre et dans l’obscurité ne tient pas une heure. Il est très rapidement perturbé par les battements de son coeur, la circulation de l’air dans ses poumons, le bruit de ses articulations en mouvement, ou le bruit de fond de ses oreilles. Terrible expérience assortie d’hallucinations.

Comme on peut aisément le comprendre, l’audionaturaliste devra parfois explorer des contrées très éloignées pour trouver « son lieu et son sujet », mais c’est aussi à quelques pas de chez lui qu’il fera de belles découvertes . C’est un exercice de patience pour trouver le moment propice pour enregistrer. Il faut parfois des jours, voire des semaines pour repérer les lieux, attendre l’instant, observer et comprendre les habitudes d’un animal afin de réaliser la meilleure prise de son avec le minimum de perturbations sonores !

Bonne chasse !!!