La connectique audio

La connectique regroupe toutes les techniques et technologies liées aux connexions physiques des liaisons électriques ainsi que des transmissions de données, c’est-à-dire les connecteurs et prises.

I – Généralités

La connectique audio ne fait intervenir qu’un nombre limité de connecteurs. Ce dossier a pour but de vous présenter les principaux types utilisés et de vous fournir quelques recommandations.

Si vous avez l’intention de récupérer l’audio (BF) provenant de sources variées, il faudra bien évidemment posséder tous les câbles et adaptateurs permettant de raccorder tous vos équipements, directement ou via une table de mixage, à l’entrée audio de votre carte son (Line-in). La connectique audio varie suivant les matériels.

II – Les câbles

II.1 – Les câbles blindés ou coaxiaux

Ces câbles possèdent un ou plusieurs conducteurs. Ils sont caractérisés par une tresse de blindage qui entoure les conducteurs. Ces câbles sont utilisés en audio pour relier les instruments de musique, les micros ou des modules entre eux.

Câbles Mono : câble à deux conducteurs : âme centrale + masse
Câbles Stéréo : câble à trois conducteurs : âme voie Gauche + âme voie Droite + Masse

II.2 – Les câbles sans blindage

Il s’agit de câbles simples à deux ou plusieurs conducteurs servant à raccorder des enceintes aux amplis ou des alimentations électriques.

II.3 – Réaliser ses câbles ou les acheter ?

Les bricoleurs peuvent confectionner eux-mêmes leurs cordons. Il suffit d’apporter suffisamment de soin aux soudures et à la réalisation générale. Les cordons commercialisés aujourd’hui vont du modèle bon marché (prix de 3 à 5 €) au modèle haute qualité avec fiches en plaqué or et des conducteurs protégés par des blindages efficaces (jusqu’à150 €). Finalement, quand on additionne les prix des connecteurs et des câbles, en dehors de la satisfaction éprouvée en bricolant, il est parfois plus intéressant de se procurer des cordons du commerce. Important Les câbles sont des équipements souvent négligés pour des raisons d’économies. Si vous possédez des équipements de qualité pro, pensez-vous qu’il serait judicieux de les relier avec des cordons de premier prix ? Non, car tout le bénéfice procuré par vos matériels “High Tech” risquerait bien d’être remis en cause par des câbles et des fiches de mauvaise qualité. Ces “belles” économies ne vous apporteront finalement que du souffle ou des craquements. N’hésitez donc pas à vérifier régulièrement la connectique de votre Home Studio et à procéder au nettoyage des contacts si nécessaire.

II.4 – Symétrique – Asymétrique

Un câble dit “asymétrique” ne possède que deux conducteurs : un fil normal et une tresse périphérique qui fait office de second conducteur et de masse. Ces câbles appartiennent à la famille des câbles coaxiaux comme votre câble TV. Mais attention, si ces câbles possèdent des structures proches il ne faudrait pas les confondre. Un câble pour chaque usage ! La tresse est là pour protéger le fil central, mais sachant qu’elle sert aussi à véhiculer le signal, celui-ci ne peut donc pas être totalement protégé des parasites.

Les câbles “symétriques” possèdent deux conducteurs pour véhiculer le signal ainsi qu’une tresse reliée à la masse. Cette tresse protège parfaitement les conducteurs des parasites car elle est isolée du signal. Cette particularité permet ainsi de conserver un signal relativement “propre”.

Comment ça marche ?

Imaginons une liaison entre une console et un ampli. Le signal véhiculé dans les transfos de sortie de la console “voit” sa tension divisée par deux. Les signaux ainsi créés vont circuler en opposition de phase dans les câbles jusqu’à l’ampli [signal+ et signal -]. Durant le parcours, si un signal parasite survient, il est alors induit dans les deux conducteurs et circule alors en phase. A l’entrée de l’ampli, une inversion de phase remet en phase les signaux [+ et -] alors que le signal parasite se trouve annulé. La ronflette est supprimée !

En résumé …
câblage Mono Asymétrique (1 fil + 1 masse)
câblage Mono Symétrique (2 fils + 1 masse)
câblage Stéréo Asymétrique (2 fils + 1 masse)
câblage Stéréo Symétrique (4 fils + 2 fils de masse)

III – Fiches CINCH ou RCA

rca_jack35stLes fiches CINCH ou RCA sont d’origine américaine. Elles sont actuellement les plus répandues dans le domaine de l’audio.

Il s’agit de petits connecteurs coaxiaux bipolaires avec un contact central “actif” et une partie circulaire externe connectée au blindage du câble.

Ces fiches offrent une connexion plus fiable que le mini-jack et sont très utilisées pour les transferts de données analogiques ou numériques (format SPDIF). Dans le commerce on trouve toute une gamme de prix et forcément de qualités !

 

Un truc pour identifier les fiches RCA
Fiche rouge = red = right = voie droite
Fiche blanche, noire = voie gauche
Fiche jaune = vidéo

IV – Jacks stéréo 3.5 mm et 6.35 mm

Les jacks existent dans trois diamètres normalisés : 2,5 mm (mono uniquement), 3,5 mm (mono et stéréo ) et 6,35 mm (mono et stéréo). Les jacks sont principalement utilisés en Hi-Fi et home-studio pour réaliser les connexions suivantes :

– prises casques avec des jacks stéréo de 3,5 mm sur les appareils portatifs (baladeurs MD, CD, K7),
– prises casques avec des jacks stéréo de 6,35 mm sur les appareils fixes (amplis hi-fi, téléviseurs),
– prises micros sur certains amplificateurs et cartes son,
– entrées et sorties lignes, haut-parleurs des carte son.

jack635monoLes brochages de ces connecteurs sont relativement simples car ils ne font intervenir que 2 fils (mono) ou 3 fils (stéréo). Les jacks stéréo offrent l’avantage de réunir sur un connecteur cylindrique les 2 voies (droite et gauche) ainsi que la connexion de masse commune.

Présentes sur de nombreuses cartes audio, les connexions jacks 3.5 mm sont relativement fragiles et peu fiables. Cette fiche se débranche un peu trop facilement.

On risque alors un faux-contact ou le court-circuit. Enfin, les jacks servent à connecter les alimentations de nombreux appareils. On les trouve cette fois en version miniature de 1,3 mm ou 2,1 mm.

Il n’y a aucune normalisation de leurs brochages et les polarités varient en fonction des fabricants de ces appareils.

V – Fiches DIN

fiche_dinLes connecteurs DIN se présentent avec un embout cylindrique à l’intérieur duquel on trouve 2 à 8 broches.
Très répandus il y a une vingtaine d’années, on ne les rencontre pratiquement plus sur les équipements audio récents mais il reste encore de nombreux matériels en circulation qui en sont équipés.
On les utilise essentiellement aujourd’hui pour les connexions MIDI.
Les prises DIN les plus communes sont celles à deux contacts pour haut-parleurs et celles à trois ou à cinq contacts pour les liaisons audio à faible niveau. Les contacts peuvent être répartis sur 180 ou 270°. Les prises 5 pôles à 180° étaient les plus répandues en audio.

VI – Fiches XLR

fiches_xlrIl existe des prises XLR à 3, 4, 5, 6 et 7 broches. La fiche XLR est caractérisée par une conception symétrique : 1 point chaud (+) , 1 point froid (-) et 1 blindage (masse).

Ces connecteurs sont universellement utilisés en audio professionnelle du fait de la sécurité qu’ils présentent : pas de risque de ronflette par bouclage de masse, blocage sûr de la prise, pas de risque de court-circuit (donc protection des amplis).

Les fiches XLR sont aussi utilisées pour le transfert de données numériques audio (format AES/EBU).


VII – Brochage Jack et XLR

cablage_jack_xlr3

Le connecteur XLR 5 broches ci-dessous est fréquemment utilisé pour le raccordement des micros stéréo. Quand on regarde la fiche femelle de face, la broche 5 se situe à gauche et la 1 à droite. Dans l’ordre on trouve les points de connexion 1 blindage gauche et droit (masse commune) – 2 point chaud gauche – 3 point froid gauche – 4 point chaud droit – 5 point froid droit.

xlr5

VIII – Quelques exemples de câbles et transitions

Le site Sonelec-Musique.com est tellement complet et bien rédigé qu’il serait dommage ne ne pas le mettre à l’honneur ici. Voici donc un lien qui vous donnera toute les informations utiles sur les câbles et transitions


IX – Les normes


Niveaux ligne

Compris entre -10 dBv (-7,8 dBu = 316 mV) et + 4dBu (1,23V) Impédance vidéo (75 Ohm) – HF (50 Ohm) – liaison AES/EBU (110 Ohm) – S/PDIF (75 Ohm)

dBu

Niveau électrique référencé par rapport à une tension de 0.775 V en ne tenant pas compte de l’impédance. Dans le domaine professionnel, les matériels ont des niveaux d’entrée/sortie à +4 dBu

dBV

Niveau électrique référencé par rapport à 1 V. Dans le domaine grand public, les matériels ont des niveaux ligne d’entrée/sortie à -10dBV

dB comparés
0Vu = – 18 dB FS = + 4dBu = – 10dBV = – 8dB peak

X – Recommandations

Les câbles, les soudures et les connecteurs sont sources des pires ennuis dès qu’il s’agit de raccorder des appareils audio entre eux. Qui n’a pas connu ronflettes, faux contacts et autres soucis en branchant un instrument sur un ampli ? Voici quelques recommandations qui ne résoudront certainement pas tous vos problèmes mais qui vous éviteront de commettre de grosses erreurs :

  1. Préférez les liaisons numériques directes aux liaisons analogiques,
  2. Utilisez des connexions symétriques à chaque fois que cela est possible,
  3. Veillez à ne pas utiliser des câbles asymétriques de plus de 3 mètres,
  4. Utilisez de préférence des câbles courts,
  5. Soignez les mises à la terre de vos équipements,
  6. Veillez à bien séparer les câbles audio des lignes d’alimentation,
  7. Vérifiez régulièrement l’état de vos cordons, il est parfois utile de nettoyer les connecteurs,
  8. Si vous envisagez de réaliser vos cordons, prenez du câble blindé d’excellente qualité,
  9. Déclarez la guerre aux faux contacts et remplacez tous les câbles et connecteurs suspects,
  10. Si vous achetez vos cordons dans le commerce, n’hésitez pas à prendre des câbles de qualité avec des connecteurs « plaqué or ». Ils sont naturellement plus chers que les câbles ordinaires, mais on s’y retrouve avec le temps.