Bruitages et Bruiteurs

La fascination du public pour le brlaser-star-warsuitage vient essentiellement du détournement d’objet pour produire des sons : parmi les plus connus, citons la fécule de pomme de terre, qui sert à imiter le craquement des pas sur la neige ou les noix de coco pour reproduire le bruit des sabots du cheval. Mais l’essentiel du travail du bruiteur n’est pas là ! Le plus difficile est en fait de produire des sons crédibles et indétectables en tant que tels. Un bon bruitage ne doit pas se faire remarquer et doit être parfaitement intégré aux autres sons, du direct ou du montage-son. Les bruits de pas sont les sons majoritaires dans une session d’enregistrement et sont aussi les plus difficiles à faire. Il faut que le son “colle” parfaitement à l’acteur, quels que soient son sexe, son âge, sa démarche, l’endroit où il marche, les chaussures qu’il porte et il doit “raccorder” parfaitement avec les sons réels du direct quand ils sont audibles.

I – LES SONOTHEQUES COMMERCIALES

Les sonothèques professionnelles fournissent des collections de sons qui répondent généralement aux besoins des “trafiquants de sons” de tous genres. Musique, montages son, réalisation de jingles. Tout est là sur une dizaine de CD. Mais voilà, le prix de ces collections fait qu’elles ne sont principalement utilisées que par des studios professionnels (1000 à 10.000 €)

Le rayon “ambiances” des disquaires, comporte souvent des collections de bruitages beaucoup plus abordables. Mais ne croyez pas faire systématiquement une bonne affaire, car les enregistrements ne sont pas toujours de bonne qualité et certains sons de la nature sortent tout droit de batteries de synthés ! Ecoutez et renseignez-vous avant d’acheter. Nous n’avons pas forcément tous besoin de collections complètes, mais si vous réalisez des montages son, vous verrez qu’une sonothèque de base est quand même bien utile surtout quand on est un peu pris par le temps.

Voici à titre indicatif quelques ressources :

BBC Sound Effects Library – 20 CD audio – Edités par Sound ideas
http://www.sound-ideas.com

Hollywodd Edge – des collections constituées de dizaines de CD
http://www.hollywoodedge.com

Blastwave fx
http://www.blastwavefx.com

Voir aussi les productions de Sound Designers célèbres comme Frank Serafine, Mike McDonough ou Alan Howarth. Visitez aussi les sites de designers français. Certains proposent des sons gratuits de démo ainsi que des packs payants. Naturellement il reste sur le Web tous les sites offrant gratuitement des ambiances, des bruitages ou des SFx. Il faut bien chercher, car les sons mis en lignes sont parfois inexploitables. La faute n’incombe pas forcément aux webmasters mais plutôt aux faibles débits qui imposent le stockage de fichiers de petite taille (donc de moindre qualité). Faites déjà des recherches à partir des mots SFx, sound effects ou free samples et vous verrez le nombre de réponses. Si vous ne trouvez pas votre bonheur, essayez le moteur findsounds qui permet des recherches suivant critères. Toujours rien ? Alors il vous reste le système D, c’est-à-dire la fabrication de vos propres bruitages.

II – LE METIER DE BRUITEUR

Les créateurs de parfums conservent précieusement leurs formules dans des coffres. Il en est un peu de même pour les sound designers ou les bruiteurs qui ne souhaitent pas révéler les trucs de conception de leurs sons. Les “recettes” ne se transmettent que de père en fils ou entre “initiés”. C’est bien pour cela qu’aussi peu de sites existent sur le Net ! Le bruiteur promène souvent deux énormes valises dans lesquelles il amasse un bric-à-brac qui semble sorti tout droit d’un vide grenier ! Il en faut des objets et des matériaux. En fait, la difficulté réside dans l’art de leurrer l’auditeur en détournant certains sons. Le mixage terminé, qui se doutera que le galop de cheval a été créé avec une noix de coco ou que le son de ces épées provient du frottement de couteaux ?

La réalisation de bons bruitages nécessite des qualités indispensables :

  • Le bruiteur doit avoir une excellente oreille et très bonne mémoire des sons
  • Il doit savoir comparer ce qu’il entend avec les sons qu’il connaît bien
  • Il doit imaginer les matériaux, les accessoires et le procédé à employer pour reproduire un son donné
  • Le bruiteur doit tenir compte de l’acoustique des lieux
  • Il choisit le micro et son positionnement par rapport à la source sonore
  • Enfin pour retrouver la modulation originelle d’un son il doit savoir trouver les gestes adaptés et le bon rythme

Certaines recettes peuvent faire sourire, mais les effets sonores des meilleurs films de SF ont souvent fait appel à des astuces découvertes par hasard. Les sons les plus célèbres ne sortent pas forcément des derniers logiciels de design sonore ! Souvenez-vous d’un fameux sabre laser, à l’origine, une pierre jetée sur les haubans métalliques d’un pylône de télécommunications …

III – CREEZ VOTRE PROPRE SONOTHEQUE

Pour recréer une ambiance, il n’est pas nécessaire d’enregistrer le son exact. Avec un peu d’expérience, vous parviendrez à tromper les oreilles de ceux qui écouteront, plus tard, vos montages. Il vous faudra transformer l’une de vos pièces en véritable aire de stockage. Tout est bon pour produire des sons, des objets aux matériaux en passant par les produits alimentaires.

Produire des sons

objets : outils, vaisselle, ustensiles de cuisine, boîtes en carton, balais en paille, barre de fer, règle en bois, plaque de verre, billes d’acier, parapluie, tuyaux d’aspirateur, allumettes, divers moteur électriques, sèche-cheveux, mixer, robots de cuisine …

matériaux : sable, gravier, feuilles mortes, carton, papier, feuille d’alu, polystyrène, feuilles d’emballage à bulles, papier cellophane, tissus…

produits alimentaires : gros sel, riz, nouilles, farine, maïs …

Les sons seront enregistrés dans une pièce calme, si possible protégée par une bonne isolation acoustique. Un enregistreur à cassettes peut convenir, mais aujourd’hui de nombreux produits utilisant la technologie numérique sont disponibles. Dans ce cas les fichiers audio wav sont produits dès l’enregistrement avec une fréquence d’échantillonnage et une résolution préalablement définies. Ces paramètres varient suivant les matériels, mais il est courant de pouvoir travailler en résolution 16 ou 24 bits et d’utiliser des fréquences d’échantillonnage allant de 44 à 192 KHz. Les “petits” enregistreurs numériques actuels offrent généralement des réglages du type 16/48 ou 24/96 qui donnent de bons résultats. Ces enregistrements numériques seront transférés directement sur le disque dur via un port USB.
On peut aussi enregistrer directement le son sur le disque dur de l’ordinateur après avoir connecté le microphone à l’entrée Mic de la carte audio. Les enregistrements analogiques seront numérisés puis chargés dans un éditeur audio aux fins de traitements (dynamique, bruit).

Le coût des équipement sera fonction de votre niveau d’exigence. Les microphones, les préamplis micro et les enregistreurs de bonne qualité ne sont pas donnés mais il y a moyen d’acquérir progressivement du matériel de qualité.

Organisez votre sonothèque

Voici une des méthodes pour vous y retrouver. Le stockage de sons sur CD nous a permis de franchir une grande étape. Songez qu’il n’y a que quelques années, la taille des disques durs ne dépassait pas 500 Mo et les supports transportables se limitaient aux disquettes 1,44 Mo !

Quel progrès … Et bien on peut faire beaucoup mieux aujourd’hui avec les disques durs amovibles. L’espace est organisé de manière à pouvoir classer et stocker des collections entières de CD. Nos propres créations y trouverons également une place. Ainsi, vous aurez des milliers d’enregistrements disponibles à tout moment pour votre logiciel de montage.

Dans le domaine de l’archivage d’enregistrements, il y a plusieurs façons de procéder, mais tout commence par l’élimination des enregistrements ratés (sons saturés, sons indésirables présents dans le champ sonore, blancs) et quelques manipulations pour rendre les sons plus présentables !

1. pour les CD audio : extraction des plages
2. pour les sons provenant de DAT, MD ou K7  :  numérisation ou transfert direct
3. récupération des fichiers dans l’éditeur audio (enregistrements  16bit – 44.1 KHz minimum)
4. suppression des silences et des parties inutiles
5. fade in – fade out pour éviter les “tocs”
6. DC offset
7. éventuellement denoiser et filtre
8. jamais d’effets et de normalisation à ce stade
9. conversion de stéréo en mono pour certains sons provenant de sources ponctuelles
10. ajout de métadonnées
11. sauvegarde des sons dans le format de votre logiciel de montage

Si certains sons nécessitent un “nettoyage sérieux”, voyez dans ce cas le dossier restauration audio pour plus de détails.

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